Notre Père V - en tentation

N° 261 Janvier - Février 2019 - Page n° 51

Père Bernard POTTIER Comment le Christ fut-il tenté ? – La Gnômè chez Maxime le Confesseur (vers 580 – 662)

Le Christ a-t-il été tenté comme nous ? Oui, car il est homme, répondent les uns. Non, car il est Dieu, disent d’autres. Maxime le Confesseur a été au cœur des controverses sur la question complexe des deux volontés du Christ, humaine et divine. Une conception philosophique très élaborée lui permet de trouver une solution claire et vigoureuse à cette sorte de dilemme.

 

Souvent, devant le récit des tentations du Christ (Matthieu 4, 1-11 ; Marc 1, 12-13 ; Luc 4, 1-13.), le chrétien se demande comment il doit comprendre cet événement : le Christ a-t-il été tenté comme nous, mais dans ce cas, comment a-t-il fait pour ne pas succomber ? Ou bien le Christ a-t-il été tenté autrement que nous, parce qu’il est différent de nous ? Maxime le Confesseur a élaboré une solution qui me semble extrêmement importante, aujourd’hui encore, en montrant combien le Christ, à l’intérieur même de ces tentations, ne pouvait absolument pas succomber. Mais dans ce cas, que peut-il nous enseigner pour notre propre vie ? C’est ici que la plupart du temps, on abandonne la réflexion, faute d’instruments conceptuels d’anthropologie et de christologie suffisamment précis.

1. Anthropologie : l’acte humain de liberté, selon Maxime

Maxime a élaboré un système philosophique complet pour concevoir la liberté humaine. La première distinction à faire, explique-t-il, est celle du logos et du tropos. Tout être humain répond à la définition générale, au concept universel d’homme : c’est son logos ; mais chacun incarnera et mettra en acte ce concept à sa manière, tropos, en vivant son humanité à sa façon. « La raison » (logos) structure la nature humaine et l’ordonne vers sa fin, tandis que « le mode » (tropos) de la personne indique la manière dont tel sujet singulier, agissant librement, assumera ce logos et l’exemplifiera de manière plus ou moins réussie.

Maxime distingue ensuite en tout acte volontaire, une série de dix étapes. Au risque d’effrayer un peu le lecteur, nous la présentons une première fois de manière purement énumérative, pour ensuite la reprendre de manière plus réflexive (voir le schéma ci-dessous). 1. Appétition ; 2. Souhait ; 3. Recherche ; 4. Examen ; 5. Délibération ; 6. Jugement ; 7. Disposition (gnômè) ; 8. Choix ; 9. Élan ; 10. Action.

Cette série élaborée par Maxime en synthétisant les apports d’Aristote, du stoïcisme, du moyen platonisme et de toutes les variantes intermédiaires de philosophie morale, a été étudiée en 1954 de manière très précise par un dominicain, R.-A. Gauthier1. Nous constatons que son article, assez ancien, continue pourtant à faire autorité dans la littérature récente. [...]

 

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