La Maladie

N° 133 Septembre - Octobre 1997*

Dans le Christianisme, la maladie a-t-elle un sens ? Étroitement liée - mais non identifiée - à la souffrance et à la mort, elle est une conséquence du péché ; mais réciproquement, le péché lui-même est maladie ; blessure de l’âme, négation de soi.

Inversement la plénitude de la santé est le fruit du salut : c’est le Christ incarné et ressuscité qui nous montre la guérison parfaite du corps sauvé, sain et saint, indemne et glorieux.
Page Titre Auteur(s)
7 La maladie Olivier BOULNOIS
17 Du bon usage de la maladie selon les Pères. Jean-claude LARCHET
29 Pour la souffrance du corps, je suis un petit enfant" Guy GAUCHER
45 Corps douloureux et corps christique dans l'Occident médiéval chrétien: péché, souffrance et salut. Michèle VAUTHIER
57 Euthanasie: État de la question. Lino CICCONE
75 La prière de guérison. Philippe MADRE
89 La maladie dans sa dimension sociale. Isabelle ZALESKI
93 Nouvelle Alliance. La théologie de l'Alliance dans le Nouveau Testament. Joseph Ratzinger BENOÎT XVI
113 La victoire de Mapubi (la vie, la lumière) sur Nyemb (la mort, les ténèbres) ou encore Le parti pris de Dieu pour la vie. Nazaire DIATA

Éditorial : Olivier Boulnois : La maladie

Si la maladie, chez l'homme, est la conséquence du péché originel, le péché lui-même est une maladie qui atteint l'être tout entier, esprit et corps. C'est pourquoi, seul le salut apporté dans l'Incarnation peut nous offrir la plénitude de la santé, corporelle et spirituelle.

Thème : La maladie

Jean-Claude Larchet : Du bon usage de la maladie selon les Pères

Selon les Pères, la maladie peut, paradoxalement, être considérée comme un bien supérieur à la santé : par la patience et l'action de grâce, elle peut constituer l'une des formes les plus élevées d'ascèse et une véritable voie spirituelle.

Guy Gaucher : « Pour la souffrance du corps, je suis un petit enfant »

La maladie, l'agonie et la mort de Thérèse de Lisieux ne sauraient constituer une hagiographie édifiante : le témoignage de ses manuscrits lève le masque sur la solitude d'une malade livrée sans défense à la souffrance et à l'angoisse. C'est seulement par «la voie d'enfance» qu'elle s'aban-donne à l'amour du Christ en s'unissant à sa Passion.

Michèle Vauthier : Corps douloureux et corps christique dans l'Occident médiéval chrétien : péché, souffrance et salut

Les tourments et les difformités physiques sont représentés dans l'icono-graphie médiévale dans toute leur crudité. Mais l'architecture des églises évoque un Christ crucifié qui, par ses souffrances rédemptrices, nous entraîne déjà à sa suite vers la lumière de la nouvelle Jérusalem.

Lino Ciccone : Euthanasie : État de la question

La récente Encyclique Evangelium vitae confrontée au texte plus ancien Jura et Bona permet de dissiper toute équivoque sur le terme même d'euthanasie et par là de mesurer les problèmes – plus encore le défi – que la situation actuelle pose à la conscience chrétienne.

Philippe Madre : La prière de guérison

La prière de guérison puise sa légitimité dans l'exemple du Christ : fondée sur la confiance filiale et la foi en la miséricorde divine, elle manifeste la compassion de l'Église à l'égard des souffrants. Tout chrétien peut être appelé à être un intercesseur pour obtenir en même temps que la guérison du corps la conversion du malade.

Isabelle Zaleski : La maladie dans sa dimension sociale

La conjonction du progrès médical, de l'extension du champ de la maladie, et de la faiblesse des réponses données aux demandes du corps social a créé les conditions d'une demande de soins croissante, et d'autant plus impérieuse qu'elle se confond avec une demande de bien-être.

Signets

Cardinal Joseph Ratzinger : Nouvelle Alliance. La théologie de l'Alliance dans le Nouveau Testament

Dans la pensée biblique, l'Alliance est don de l'Amour d'un Dieu qui veut entrer en relation avec l'homme parce qu'Il est lui-même relation, contrai-rement aux dieux des religions anciennes ou de la philosophie. Cette alliance s'adresse à l'homme en tant qu'il est image de Dieu et donc à son tour capable de lui répondre. C'est pourquoi elle constitue la forme la plus achevée de la manifestation divine.

Nazaire Diatta : La victoire de Mapubi (la vie, la lumière) sur Nyemb (la mort, les ténèbres) ou encore Le parti pris de Dieu pour la vie

A travers un conte traditionnel se dessine la sollicitude du Dieu africain qui se met du côté de l'homme et défend la vie contre les pouvoirs magiques de la mort. Mais avec le mystère de l'Incarnation, le Dieu de la Bible entre réellement dans l'histoire, dans un engagement total où, par sa propre mort, le Christ assure à la vie sa victoire définitive.

La maladie

Olivier Boulnois

« Or, je vous demande », fit-il, « ce que vous aimeriez mieux, ou être lépreux ou avoir commis un péché mortel ? » Et moi (...) je lui répondis que j'aime-rais mieux en avoir fait trente que d'être lépreux. « (...) Vous avez parlé comme un fol écervelé » me dit-il, « car il n'est lèpre si laide que d'être en état de péché mortel, parce que l'âme qui est en état de péché est semblable au diable : c'est pourquoi il ne peut y avoir lèpre plus laide (...). Je vous prie donc » fit-il, « de tout mon pouvoir, pour l'amour de Dieu et pour le mien, d'habituer votre coeur à mieux aimer que toute misère, lèpre ou n'importe quelle autre maladie atteigne votre corps, que si le péché mortel pénétrait dans votre âme ».
Jean de Joinville, Histoire de Saint Louis

« Mon Dieu, je vous donne tout, de bon coeur. Seu-lement je ne sais pas donner, je donne ainsi qu'on laisse prendre. Le mieux est de rester tranquille. Car si je ne sais pas donner, Vous, vous savez prendre... Et pourtant j'aurais souhaité d'être une fois, rien qu'une fois, libéral et magnifique avec Vous! » Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne (Oeuvres romanesques, Bibliothèque de la Pléiade, p. 1245)

Dans le christianisme, la maladie a-t-elle un sens ? A-t-elle une place à l'intérieur de l'économie du salut? Le présent numéro voudrait montrer que la maladie est parti-culièrement difficile à situer dans l'ensemble de la foi chré-tienne, si on ne la réduit ni à la maladie mortelle, ni à la souf-france. Ce qui rend d'autant plus nécessaire une réflexion poussée et pertinente. Et d'abord, mesurons-nous la véritable importance de la maladie pour le sens de l'existence humaine?

I. Qu'est-ce qu'être malade?

La maladie est pour nous un phénomène proprement humain. D'une part parce que, comme le disait déjà Avicenne1, l'homme est le plus complexe des animaux, et que son équilibre est sans doute le plus fragile. Ensuite parce que nous sommes – théoriquement – examinés par le médecin en tant qu'hommes doués de parole. Mais surtout parce qu'il y va à chaque fois de notre vie à nous, de notre corps propre, de quelque chose en nous qui est plus intime que nous-mêmes, à quoi nous nous rap-portons non comme à un objet, mais comme au sens de notre être. [...]

 

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1. Canon medicinae I, Fen. 1, doctr. 3, c.1 (Venise, 1564, p. 11).

Cardinal Joseph Ratzinger : Nouvelle Alliance. La théologie de l'Alliance dans le Nouveau Testament

Dans la pensée biblique, l'Alliance est don de l'Amour d'un Dieu qui veut entrer en relation avec l'homme parce qu'Il est lui-même relation, contrai-rement aux dieux des religions anciennes ou de la philosophie. Cette alliance s'adresse à l'homme en tant qu'il est image de Dieu et donc à son tour capable de lui répondre. C'est pourquoi elle constitue la forme la plus achevée de la manifestation divine.

Nazaire Diatta : La victoire de Mapubi (la vie, la lumière) sur Nyemb (la mort, les ténèbres) ou encore Le parti pris de Dieu pour la vie

A travers un conte traditionnel se dessine la sollicitude du Dieu africain qui se met du côté de l'homme et défend la vie contre les pouvoirs magiques de la mort. Mais avec le mystère de l'Incarnation, le Dieu de la Bible entre réellement dans l'histoire, dans un engagement total où, par sa propre mort, le Christ assure à la vie sa victoire définitive.


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