Décalogue II: le Nom de Dieu

N° 105 Janvier - Février 1993*

"Tu ne prononceras pas en vain le nom de Yahvé ton Dieu, car Yahvé ne laisse pas impuni celui qui prononce son nom en vain" (Exode 20,7). Le second commandement du Décalogue, le plus intempestif, est aussi le plus fondamental. Il souligne d'abord la gravité de la personne humaine, et rejette tous les péchés de langue: faux serment, blasphème, mensonge. Mais surtout il nous engage à respecter toute parole, divine et humaine, à confesser la sainteté du Nom de Dieu, à conformer notre vie à la sainteté de la Parole. Ainsi, la parole et l'acte ne s'opposent plus. La morale n'est autre que la traduction de la sainteté de Dieu das notre vie.Car le Nom de Dieu doit être sanctifié sur la terre comme au ciel.

Page Titre Auteur(s)
5 La morale ou la sainteté ? Olivier BOULNOIS
8 Saint est son Nom : de la Sainteté de Dieu à la sainteté des hommes Michel SALES
33 Nommer Dieu : Variations saussuriennes sur le tétragramme et le Buisson ardent Daniel BOURGEOIS
49 Les Noms de Dieu dans la liturgie Robert LE GALL
62 Le Nom de Dieu dans la tradition byzantine Robert SLESINKI
76 Du serment à la vérité Julian CARRON
92 Respecter sa parole ? Le serment, le blasphème et l'athéisme Michel SALES
106 L'âme et la beauté Guy BEDOUELLE
113 Visage Patrice GIORDA

Éditorial : Olivier Boulnois : La morale ou la sainteté ?

Faut-il opposer l'appel de tous à la sainteté, que nous confessons volontiers, et les commandements de la morale, qu'imposerait seule l'autorité de l'Église ?

Michel Sales : Saint est son Nom : de la Sainteté de Dieu à la sainteté des hommes

Le Nom de Dieu est celui qu'il a bien voulu révéler librement à Moïse, pour signifier le salut qu'il apportait à Israël, et qui se réalise en Jésus pour toutes les nations : « Dieu sauve » est donc à la racine de toute action de grâce. Cela implique aussi une dignité et un devoir pour celui qui le reçoit : vivre de la sainteté divine.

Grégoire Rouiller: La vie en son Nom : Jean et sa théologie du Nom

Quand saint Jean évoque le Nom du Père ou celui du Fils, il nous livre un « écrin » à l'intérieur duquel prennent place tous les autres qualificatifs : écrin qui convoque la Présence de Dieu mais en respecte le mystère.

Invoquer son Nom

Robert Le Gall : Les Noms de Dieu dans la liturgie

Le mystère du salut de Dieu comporte un double mouvement : celui d'un Dieu qui ne cesse de venir vers nous en révélant ses Noms en mais préservant son mystère ; celui de l'homme qui par la méditation sur ces Noms est appelé à entrer dans le mystère de Dieu. La liturgie est la reprise infinie de ce dialogue entre Dieu et son peuple.

Robert Slesinki : Le Nom de Dieu dans la tradition byzantine

La prière de Jésus résume toute la confession de foi en une phrase et en une attitude fondamentale : le Nom de Dieu, vénéré comme une icône, entraîne l'homme sur les chemins de la vraie contemplation. Essentielle dans le monde byzantin, elle renaît dans la Russie du XIXè siècle comme imyaslavie (glorification du nom) — au point d'affirmer dans sa vénération que « le Nom de Dieu, c'est Dieu lui-même ».

Vérité et morale

Julian Carrron : Du serment à la vérité

Le Christ ne se borne pas à condamner ceux qui vident le Nom de Dieu de tout sens par un emploi machinal, abusif, ou mensonger. Il est venu remplir le langage de sa présence, nous permettant de reconnaître la Vérité divine derrière toute parole vraie.

Daniel Bourgeois : Nommer Dieu : Variations saussuriennes sur le tétragramme et le Buisson ardent

Dans le récit de l'Exode, la vision et la révélation du Nom ont même significations : de même que Dieu (la flamme) est présent dans son peuple (le buisson) sans que cette présence ne détruise le peuple choisi comme lieu de la manifestation, le tétragramme se comprend comme invocation et célébration de la Présence. Imprononçable, il est la condition de possibilité de tous les Noms divins, signifiant la transcendance absolue au coeur de la Présence la plus intime.

Michel Sales : Respecter sa parole ? Le serment, le blasphème et l'athéisme

L'homme ne peut tenir sa parole que s'il la respecte, et il ne peut la respecter que s'il respecte Dieu, c'est-à-dire la Vérité. On ne peut pas respecter la parole de Dieu sans respecter la parole des hommes, et réciproquement. Ce qui nous oblige à concevoir la gravité de toute parole humaine.

Dossier : L'âme et le visage

Guy Bedouelle: L'âme et la beauté

À partir du livre de B. Bro La beauté sauvera le monde et d'une étude sur Fra Angelico, on s'aperçoit qu'il est propre au christianisme de révéler le visage humain parce qu'il peut revêtir le Christ.

Patrice Giorda : Visage

L'art n'invente pas de visage : un portrait est ressemblant s'il saisit une âme singulière, nécessairement incarnée. Les visages ne peuvent être que vus, et non inventés. Si la parole du Christ n'a pas de visage, c'est pour que son visage soit celui de chacun.

La morale ou la sainteté?

Olivier Boulnois

« Le mensonge est d'une abjection telle, que dût-il célébrer les grandes oeuvres de Dieu, il serait une offense à sa divinité. La vérité est d'une telle excellence que si elle loue la moindre chose, celle-ci s'en trouve ennoblie. » Léonard de Vinci, Carnets, I, 1, Paris, 1942, p. 91.

Le succès médiatique du récent Catéchisme de l'Église catholique repose sur un malentendu. Une fois de plus, les médias, saisis d'une véritable obsession puritaine, n'ont retenu de ce catéchisme que les passages concernant la morale, et surtout la morale sexuelle. On peut à bon droit s'en offusquer. On peut aussi répéter à satiété que la morale n'intervient qu'après l'exposé du contenu de notre foi (première partie) ainsi que de la vie sacramentelle (deuxième partie), et qu'elle est suivie par la vie de prière et d'union à Dieu (quatrième partie)1. Il reste que ce malentendu nous indique le point le plus difficile, et trace nettement la tâche qui reste à accomplir. Faut-il distinguer entre l'appel de tous les hommes à la sainteté, dont nous pourrions rendre raison, et les commandements de la morale, que seule justifierait l'autorité de l'Église ? Ayons le courage de reconnaître que ces interrogations du monde sur la morale sont légitimes, et que leur opposer une fin de non-recevoir ne l'est pas. Nous avons maintenant les moyens de proclamer la foi avec vigueur. Avons-nous celui de rendre raison des commandements du Décalogue ? Pouvons-nous expliquer pourquoi ils s'imposent avec tant d'évidence aux chrétiens ? Arrivons-nous tout simplement à comprendre ce qu'ils veulent dire pour le bien de l'humanité ? Le présent cahier s'efforce de nous y aider.

Car la seconde parole du Décalogue engage en un sens toute la vie du croyant. « Tu ne prononceras par le nom de Yahvé ton Dieu en vain, car Yahvé n'innocente pas celui qui prononce son nom en vain », dit [...]


 

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1. Communio l'avait déjà dit à propos du statut du Décalogue dans la vie du chrétien (J.-R. Armogathe, XVII 1, « De la Loi à l'Amour », pp. 4-8).

Dossier : L'âme et le visage

Guy Bedouelle: L'âme et la beauté

À partir du livre de B. Bro La beauté sauvera le monde et d'une étude sur Fra Angelico, on s'aperçoit qu'il est propre au christianisme de révéler le visage humain parce qu'il peut revêtir le Christ.

Patrice Giorda : Visage

L'art n'invente pas de visage : un portrait est ressemblant s'il saisit une âme singulière, nécessairement incarnée. Les visages ne peuvent être que vus, et non inventés. Si la parole du Christ n'a pas de visage, c'est pour que son visage soit celui de chacun.


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