La liturgie

N° 20 Octobre - Décembre 1978*

Hans-Urs von Balthasar : La dignité de la liturgie

Problématique

Olegario Gonzalez de Cardedal: Les christologies contemporaines face à l'exigence liturgique

Parce qu'elle commémore tout le mystère pascal, la célébration liturgique suppose qu'une réflexion christologique en sous-tende les dimensions. Mais les orientations de la christologie contemporaine permettent-elles d'accéder au Christ de manière à rendre possible et stimuler une nécessaire expression liturgique ? Sinon, les exigences de la célébration du mystère ne constitueraient-elles pas la norme critique de ces essais ?

Paul Toinet : L'Eglise chante le cantique de l'Agneau

En célébrant la Pâque du Seigneur, la communauté certes d établit. Mais surtout, elle se trouve introduite, avec l'univers entier, dans le moment eschatologique et donc éternel où le fils passe au Père. L'icône pascale où l'Eglise se laisse transfigurer, c'est la liturgie.

Cardinal Joseph Ratzinger : La fête et la joie

Oui, la célébration liturgique est une fête et doit se vivre comme telle. Mais la joie d'une fête ne se commande pas.
Elle se reçoit comme — justement — une divine surprise. Il faut donc que l'événement pascal soit reconnu pour que la célébration devienne festive en vérité et en esprit.

Louis Bouyer : De la liturgie juive à la liturgie chrétienne

La liturgie chrétienne de la messe a son origine dans les prières rituelles et le culte du judaïsme. C'est un enracinement dont il nous faut reprendre conscience. Car il y va non seulement de l'authenticité de nos liturgies, mais encore de l'édification de l'Eglise.

Intégration

Edmond Barbotin : Geste religieux et circulation du sens

Parce qu'elle consiste d'abord en une action, la liturgie reprend à son compte toute la réalité humaine du geste. Or celui-ci, presque autant que la parole, produit et transmet le sens. Nos célébrations gagneraient sans doute à ne pas négliger cet enseignement de l'anthropologie philosophique.

James Hitchcock : La voix du silence

De même que le geste n'a pas à être commenté pour avoir du sens, de même le rite, où gestes et paroles sont sur le même plan et opèrent ce qu'ils font et disent, n'appelle ni ne supporte d'autre commentaire que le silence. C'est ce qu'ont montré Romano Guardini et Louis Bouyer, il y a longtemps déjà.

Attestations

André Gouzes : Beauté, signe de l'amour

Que l'Eglise soit construite par sa liturgie, c'est une vérité dont la confirmation s'impose, dans ses recherches théoriques comme dans son apostolat sacerdotal, à un jeune dominicain dans un secteur rural.

Lucien Deiss : Cantate brève à la messe de onze heures

La beauté musicale ne se justifie pas en elle-même dans la liturgie. Elle doit s'intégrer dans la prière de tous en se soumettant à la proclamation de la parole évangélique. Une paroisse parisienne a peut-être réussi cette synthèse.

Signet

Pierre-Marie Hasse : La chair s'est faite l'écho...

Poèmes.

La dignité de la liturgie

Hans-Urs von Balthasar

Un tel sujet ne peut être abordé qu'avec crainte et tremblement.

En effet, quelle liturgie conçue par les hommes serait « digne » de l'objet de leur vénération, alors qu'au Ciel tous les êtres se prosternent devant Lui, ôtent leurs couronnes et, dans un geste d'adoration, les déposent devant le trône de Dieu ? « Toi seul, Seigneur notre Dieu, tu es digne de recevoir gloire, honneur et puissance » (Apocalypse 4, 11). Si au ciel les créatures rendent à Celui « qui a créé l'univers par sa seule volonté » toute la dignité qu'elles ont reçue, à bien plus -forte raison, une communauté terrestre, composée de pécheurs, se jettera à genoux en un « Seigneur, je ne suis pas digne ». Si une telle communauté rassemblée pour la louange et l'adoration avait à l'esprit autre chose qu'un acte d'adoration parfaite et d'abandon total, par exemple sa propre édification ou une quelconque entreprise où il s'agirait autant d'elle-même que du Seigneur auquel hommage doit être rendu, elle se ferait d'elle-même, quand bien ce serait par naïveté, une idée étonnamment fausse.

Dans une religion simplement monothéiste, le geste de se prosterner est l'expression la plus parfaite du don total de sa propre personne, même dans une grande assemblée : quel chrétien peut regarder sans une profonde émotion la foule en adoration silencieuse dans une mosquée ? Dans une religion de l'Alliance, l'écoute de la parole de Dieu, de la Torah, sera au centre : Dieu parle, l'homme accueille la parole dans l'obéissance en cherchant dans son coeur comment il devra y répondre. Des rites symboliques peuvent s'y ajouter, comme le repas pascal pris debout en toute hâte pour refaire une dernière fois ses forces avant de partir pour le désert avec Dieu pour guide.

Puis, avec la religion du Dieu trinitaire, on a une extraordinaire transformation : ce n'est plus n'importe quel agneau mangé en famille mais « l'Agneau immolé depuis le commencement du monde » [...]

 

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Pierre-Marie Hasse : La chair s'est faite l'écho...

Poèmes.


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