Satan, "mystère d'iniquité"

N° 23 Mai - Juin 1979*

Claude Bruaire: Satan, actif et vaincu

Hans-Urs von Balthasar : Comment en arrive-t-on à Satan ?

Si le non absolu de Satan ne se formule pas avant le Nouveau Testament, ce n'est pas qu'il soit une invention tardive, mais parce que seul le oui absolu du Christ au Père fixe ce refus, et le vainc.

Karl Lehmann: Le mystère du Mal

Une fois le problème du Mal bien posé, et posé dans tous ses aspects, tout porte à affirmer l'existence paradoxale d'une personne qui dépersonnalise, Satan.

Ceslas Spicq : Le diable dans la révélation du Nouveau Testament

L’existence du Diable traverse tout le Nouveau Testament ; mais son essence aussi s’y trouve précisée : tentateur des hommes, mais aussi du Christ ; adversaire de Dieu, mais aussi serviteur involontaire de sa pédagogie.

Jean-Luc Marion : Le mal en personne

Le mal exerce une logique, la vengeance. En me vengeant, je ne me libère pas du mal mais le renforce, jusqu’à le retourner contre moi (suicide). Dans ce piège, le tentateur se révèle, qui prouve sa personnalité en détruisant la mienne.

Gaston Fessard: « Je t'ai aimé d'un amour éternel »

Que serait un jeu sans enjeu ? Dans le salut, entre en jeu l’amour éternel, infini et gratuit de Dieu. Il met donc en jeu un risque éternel, infini, où s’atteste la dignité irréductible de l’homme : sa liberté.

Claude Dagens : Le manichéisme, cette tentation permanente

Faire du mal un principe autonome, c’est, apparemment, prendre au sérieux le combat spirituel. En fait — l’histoire le montre — le manichéisme constitue une manière d’idéologie gnostique qui dispense son adepte de se convertir vraiment.

René Pillorget: Les procès de sorcellerie

Longtemps ignorée ou romancée, la sorcellerie accède enfin à la science historique. Ce début de savoir suffit pour récuser au moins quelques idées fausses et répandues.

Général Jacques Michaut : Une course infernale, le surarmement

La puissance de destruction dont disposent les gouvernements surpasse tous leurs besoins de défense, et même l'excès de leurs volontés les plus perverses, à plus forte raison leurs velléités de désarmement. Qui préside à cette logique ?

Henri Gesland: Le peuple de l'angoisse et le combat d'un exorciste

Certes, le plus souvent, la possession n’est qu’une illusion. Mais pas toujours. L’exorciste déploie alors la prière et l’autorité du Christ.

Signets

Michel Sales: L’homme à la lumière du Christ (L'anthropologie christologique de Redemptor hominis)

A l’aube du troisième millénaire, Jean-Paul II tente de reprendre radicalement la question de l’homme à partir de la figure du Christ, et de fonder les droits de l’homme sur le droit de Dieu.

Louis Bouyer : Point de vue explicatif sur une oeuvre

Notre ami le P. Bouyer, sollicité de préciser ce qu'est le « travail d'un théologien », a répondu aux questions de G. Daix *. A l'occasion de cet entretien, il précise et éclaire l'intention qui l'a conduit, depuis 1957, à entreprendre l'édification d'une double trilogie théologique, dont trois volumes sont déjà parus. Il ne nous a pas semblé inutile ni déplacé de livrer ici quelques-unes de ses réflexions ; elles permettent de mieux
comprendre un effort aussi continu qu'ample et diversifié.

Georges Chantraine : « Je crois en Dieu »

Comme une forêt trop dense, La confession de la foi pourrait, avec ses dix-huit contributions, détourner le lecteur d'y pénétrer. Je m'y suis  aventuré, y frayant une piste, faisant halte dans telle clairière qui évoquait des souvenirs, admirant tel arbre plus rare, sans souci de botaniste ni de topographe. En chemin, j'ai noté mes impressions. C'est une sorte de relation que je livre candidement aux lecteurs.

Satan, actif et vaincu

Claude Bruaire

Les hommes font le mal sans savoir le mal qu’ils font. Ils ont construit et ne cessent de perfectionner une puissance technique pour se libérer des contraintes. Ils ont par là mis en place un nouvel ensemble systématique d’asservissement. Ils ont forgé un armement sans précédent pour protéger leur paix. Mais c’est une capacité de destruction cosmique qui se trouve en place et qu’aucune volonté de puissance humaine ne pouvait imaginer. Ils ont inventé des instruments d’information, de communication, capables d’éviter l’erreur, l’ignorance et d’abolir les distances. Mais ces moyens prodigieux deviennent ceux du mensonge systématique, sinon ceux de l’intoxication idéologique qui met la pensée aux fers. Plus fondamentalement, nous avons voulu prouver nos droits divins en maîtrisant notre univers, et voici que l’esprit libre sombre dans l’oubli, perd tout droit, écrasé par le maté- rialisme de nos comportements. L’innocence est méprisée par ceux-là mêmes qui profèrent sans trêve l’accusation, et la violence est attisée par la volonté de justice.

Les hommes, certes, veulent souvent le mal, mais jamais ne comprennent que la tentation y soit plus forte que l’envie. Toujours au revers de nos progrès, ruinant souvent la volonté bonne, un immense surcroît de mal, jamais explicable par le seul mauvais vouloir, se constate à la moindre réflexion. C’est alors que s’évoque, presqu’invinciblement, la puissance de l’Esprit du Mal.

Pourtant, nous avons peine à l’évoquer. Satan nous semble d’un autre âge, classé dans les vieilles imageries terrorisantes des religions de la peur. Comment l’homme moderne, à l’âge adulte de la civilisation, pourrait-il recourir aux terreurs enfantines ? Dès lors, nos intellectuels nous répètent qu’il faut « interpréter », réduire et séculariser Satan. Mais ce faisant, ils ne cessent de rallier le vieux manichéisme, toujours nourricier de nos passions et que l’affirmation biblique du Tentateur, Père du mensonge, Esprit du mal pouvait exorciser. Quand Satan se fait oublier, nous ne pouvons expliquer le mal sans le diviniser.

Depuis longtemps les théologiens ont ici cessé de penser. Il est vrai qu’il est incommode de concevoir ce qui n’est ni Dieu ni homme. Ignorons-nous, cependant, ce qu’est la négation tendue, luciférienne, de notre Origine, qui prélude au nihilisme, à l’abolition de soi ? Négation radicale auprès de nos défis prométhéens. Ne pouvons-nous penser, sinon imaginer, l’être en chute, en dis-grâce, défiguré par là-même, ne subsistant que dans son active négation de l’existence créée, impénétrable en son refus continué de la Lumière ?

Que penser de Satan ? Est-il incroyable, en marge de la foi chrétienne, révocable comme toute représentation contingente qui aurait fait son temps ? Telles sont les premières questions auxquelles les pages qui suivent veulent tenter de répondre. Leurs auteurs savent les risques de l’entreprise. Ils savent que l’affirmation de Satan, toujours dressée contre l’idolâtrie du Mal, est inclinée cependant à révérer la Puissance démoniaque, comme à oublier aussi l’essentiel de la Bonne Nouvelle : par le Christ sauveur, le Mal est vaincu avec la mort qui était son arme absolue, brisée par la force de la grâce, même si nos refus de celle-ci réaniment le Prince des ténèbres.

Michel Sales: L’homme à la lumière du Christ (L'anthropologie christologique de Redemptor hominis)

A l’aube du troisième millénaire, Jean-Paul II tente de reprendre radicalement la question de l’homme à partir de la figure du Christ, et de fonder les droits de l’homme sur le droit de Dieu.

Louis Bouyer : Point de vue explicatif sur une oeuvre

Notre ami le P. Bouyer, sollicité de préciser ce qu'est le « travail d'un théologien », a répondu aux questions de G. Daix *. A l'occasion de cet entretien, il précise et éclaire l'intention qui l'a conduit, depuis 1957, à entreprendre l'édification d'une double trilogie théologique, dont trois volumes sont déjà parus. Il ne nous a pas semblé inutile ni déplacé de livrer ici quelques-unes de ses réflexions ; elles permettent de mieux
comprendre un effort aussi continu qu'ample et diversifié.

Georges Chantraine : « Je crois en Dieu »

Comme une forêt trop dense, La confession de la foi pourrait, avec ses dix-huit contributions, détourner le lecteur d'y pénétrer. Je m'y suis  aventuré, y frayant une piste, faisant halte dans telle clairière qui évoquait des souvenirs, admirant tel arbre plus rare, sans souci de botaniste ni de topographe. En chemin, j'ai noté mes impressions. C'est une sorte de relation que je livre candidement aux lecteurs.


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