Méditation théologique sur le mystère de la descente à l’enfer

Hans Urs VON BALTHASAR
La seconde venue du Christ - n°219 Janvier - Avril 2012 - Page n° 69

Revenant sur le sens du Samedi saint, le grand théologien suisse insiste sur le caractère unique de la descente de Jésus jusque dans la géhenne, qui doit offrir au pécheur l’espérance dans l’absolue déréliction que l’Innocent a connue, qui dépasse toute douleur.

 

Le problème central de cet article du Credo vient en lumière lorsqu’on s’interroge sur la reformulation du Symbole en allemand : pourquoi « abgestiegen zu der Hölle » [descendu à l’enfer] est-il devenu « abgestiegen in das Reich des Todes » [descendu dans le royaume de la mort]1 ? La seconde formule ne ditelle pas trop peu, ne dit-elle pas une banalité, à savoir que Jésus est mort (ce qui a déjà été dit dans le Credo), et qu’il a donc été compté parmi les morts ? La première, en revanche, ne dit-elle pas trop, ou pour le moins quelque chose d’indémontrable, si nous laissons à l’« enfer » le sens qu’il a reçu dans le Nouveau Testament et dans la terminologie habituelle de l’Église ? Peut-on parler d’« enfer » avant que le Ciel devienne accessible aux hommes ? Et celui-ci n’a-t-il pas été ouvert que par la Résurrection de Jésus-Christ ? [...]
 

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1. Notes du traducteur : 1) Cette transformation dans la formulation du cinquième article du Symbole des Apôtres, proposée en décembre 1970 dans le cadre de la réforme liturgique par la Arbeitsgemeinschaft für liturgische Texte der  Kirchen des deutschen Sprachgebietes, fut adoptée officiellement par la Conférence épiscopale allemande  en février 1972. 2). Alors que le français, comme le latin (qui compte d’ailleurs trois substantifs différents : infernus, infernum, et inferus), connaît pour le mot « enfer » aussi bien une forme au singulier qu’une forme au pluriel (« les enfers »), l’allemand, lui, n’emploie le mot Hölle qu’au singulier ; comme fait l’anglais avec hell, ou l’hébreu avec shéol, et le grec avec hadès. Nous optons pour conserver partout ce singulier, comme en allemand, car il en va de la cohérence de la pensée que l’auteur va exprimer. 3) Unterwelt sera toujours traduit par « monde d’au-dessous », respectant par là la nuance présente en français entre « en dessous » qui signifie exactement « dans la partie inférieure (d’une chose) » et « au-dessous » qui signifie « plus bas (qu’un certain endroit) ».


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