Le sacrement des malades

N° 55 Septembre - Octobre 1984*

Jean-Robert Armogathe : Du corps malade au corps mystique

La pastorale des « derniers sacrements » demande une clarification préalable, qui permette de redonner à la prière de guérison, à l'huile d'onction et à la rémission des péchés leur place véritable. Au centre de cette clarification : le corps douloureux du malade, antitype du Crucifié.

Problématique

Mgr Kazimierz Romaniuk : Jésus a-t-il voulu l'onction des malades?

L'onction d'huile d'olive manifestait déjà, avant le Christ, une intention particulière de Dieu envers qui la recevait. Dans le Nouveau Testament, le rite est appliqué aux malades pour les guérir. Faut-il le comprendre littéra-lement, ou en un sens métaphorique et eschatologique ? Il semble bien que l'un n'exclue pas l'autre.

Sylvère de Smet  s.j. : Histoire et théologie des rituels

L'Eglise a toujours pratiqué l'onction des malades, même pendant les premiers siècles. À travers la scolastique puis Trente, la pratique a tour à tour insisté, après les traditions de la visite aux malades et des rites pour la guérison, sur l'allègement des souffrances, la promesse de la résurrection au moment de la mort et les liens avec la pénitence et l'eucharistie. Le Rituel de Paul VI permet de réunir les divers aspects qui donnent au sacrement son caractère décisif.

Zoltan Alszeghy, s.j. : Oindre les malades: rite de passage ou sacrement du Seigneur?

En oignant d'huile un malade au nom du Seigneur, l'Eglise rétablit entre ce malade et ce Seigneur une relation saine : première et véritable guérison dont la guérison phy-sique, quand elle survient, n'est que l'image.

Philippe Cormier "Cette maladie n'est pas mortelle"

Dernier des sacrements, l'onction des malades n'est pas le moindre : puisqu'elle est liée à l'âge, à la maladie et donc, à la mort, elle met en jeu toute l'existence humaine et au défi tout effort de la pensée, appelée à la foi qui permet de recevoir la grâce de la résurrection dans l'économie sacramentelle.

Intégration

Hans-Urs von Balthasar : Du bon usage de la mort

La conscience que nous mourrons un jour ne doit nous conduire ni à nous décourager ni à nous étourdir, mais à donner dès aujourd'hui notre vie à l'exemple du Christ, afin de savoir « nous laisser prendre » au dernier jour.

Antonio Sicari : Compassion du monde et compassion du Christ - Euthanasie et sacrement des malades

Curieuse pitié, qui a pour nom euthanasie et qui ne revendique en réalité que le droit du bien portant en impo-sant un devoir au malade. Seul le sens chrétien de la pitié nous permet de comprendre et de convertir la souffrance, et de vivre bien la mort qui nous revient : à la fois person-nellement et entouré, par les sacrements, de la tendresse de
l'Église.

Attestations

Carlo Marcora : Saint Charles Borromée: priorité aux malades

Faisant de la visite aux malades un des premiers devoirs du chrétien, qu'il remplit lui-même au péril de sa vie, saint Charles Borromée concevait le sacrement des malades comme le lieu privilégié de la charité à leur égard.

Une Petite Soeur des Pauvres : La joie de l'onction

Par le témoignage des Petites Soeurs des Pauvres et des personnes âgées dont elles s'occupent, nous comprenons comment l'onction des malades fait passer de l'angoisse de la mort à la joie de l'attente du ciel.

Joseph Bouley  A l'hôpital

Coupés de leur famille et de leur communauté chré-tienne, les malades hospitalisés ont plus de mal à percevoir la richesse du sacrement. L'évangélisation est urgente si l'on songe que l'hôpital est le lieu de la mort pour un grand nombre des hommes de ce temps.

Signets

Eugenio Corecco : Structure et articulation du pouvoir dans l'Eglise

L'Eglise accomplit la mission qu'elle a reçue du Christ en exerçant un pouvoir hiérarchique. Le cas limite d'évêques et de prêtres excommuniés a assez tôt montré que ce pouvoir soulevait maints problèmes techniques, mais aussi théologiques. On a notamment été amené à distinguer entre le pouvoir conféré par le sacrement de l'Ordre, et le pouvoir de juridiction, qui permet de réaliser concrètement l'unité de l'Eglise. Distinction purement formelle, ou bien également matérielle ? Une solution nouvelle est ici propo-sée, à partir de l'indissoluble unité du Sacrement et de la Parole. Cette solution permet de mieux comprendre l'ou-verture de Vatican II en direction des Églises séparées de la communion avec l'évêque de Rome.

Jean Mouton : Jean Hugo: l'art et la ferveur

Arrière-petit-fils du grand Hugo, ami de Cocteau et de ses Enfants Terribles, le peintre Jean Hugo regardait ce monde avec l'acuité d'un Saint-Simon et la ferveur d'un Giotto.

Du corps malade au corps mystique

Jean-Robert Armogathe

De diverses manières, les sacrements se rapportent au corps, corps baigné, oint ou nourri. Cette sollicitude de l'Eglise pour le corps1 se déploie dans les liturgies rituelles, qui ne sont rien d'autre que la catéchèse explicite du sacrement. Le sacrement des malades en apporte la plus manifeste démonstration. Jésus a consacré tant de temps auprès des malades; il a compati, dans sa sensibilité comme dans sa chair, avec eux; il leur a parlé, leur a imposé les mains, les a réconfortés et guéris (sans oublier jamais leur entourage). La guérison est le signe le plus fréquent que Jésus propose à ceux qui le suivent ou le contestent; c'est aussi l'une des missions les plus explicites qu'il confie aux siens: « Il les envoya proclamer le Royaume de Dieu et faire des guérisons » (Luc 9, 2).

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1. Il convient de garder présent le cahier V. 6 (1980) de Communio: "le corps », et en particulier l’article de Remi Brague, p. 4-19: 'Le corps est pour le Seigneur ».

Eugenio Corecco : Structure et articulation du pouvoir dans l'Eglise

L'Eglise accomplit la mission qu'elle a reçue du Christ en exerçant un pouvoir hiérarchique. Le cas limite d'évêques et de prêtres excommuniés a assez tôt montré que ce pouvoir soulevait maints problèmes techniques, mais aussi théologiques. On a notamment été amené à distinguer entre le pouvoir conféré par le sacrement de l'Ordre, et le pouvoir de juridiction, qui permet de réaliser concrètement l'unité de l'Eglise. Distinction purement formelle, ou bien également matérielle ? Une solution nouvelle est ici propo-sée, à partir de l'indissoluble unité du Sacrement et de la Parole. Cette solution permet de mieux comprendre l'ou-verture de Vatican II en direction des Églises séparées de la communion avec l'évêque de Rome.

Jean Mouton : Jean Hugo: l'art et la ferveur

Arrière-petit-fils du grand Hugo, ami de Cocteau et de ses Enfants Terribles, le peintre Jean Hugo regardait ce monde avec l'acuité d'un Saint-Simon et la ferveur d'un Giotto.


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